Après les premiers comités de pilotage organisés en janvier 2026 autour des quatre volets thématiques du programme Cosmeo, la démarche de co-construction avec les utilisateurs se poursuit. Derniers temps forts : une deuxième série de COPIL organisés au printemps et à l’été 2026. 

Cette étape marque une évolution importante dans la trajectoire du programme : après une première phase consacrée au recueil des besoins, à la définition des usages et à la consolidation des spécifications fonctionnelles des futurs services, les équipes Cosmeo ont présenté les premiers produits et services développés sur les sites pilotes. Ces démonstrations ont permis d’engager une nouvelle phase de co-construction avec les utilisateurs, en recueillant leurs retours sur les résultats produits, leurs modalités d’intégration dans les pratiques métiers et les éventuels ajustements nécessaires avant un passage à l’échelle. 

Dans la continuité des premiers COPIL de janvier 2026, cette deuxième série de rencontres a réuni l’ensemble des territoires concernés, avec des sessions organisées en hexagone et dans les territoires ultramarins, notamment en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique, et bientôt en Nouvelle-Calédonie. Cette organisation a permis de poursuivre les échanges avec les utilisateurs au plus près des contextes territoriaux, tout en conservant un cadre commun de co-construction des services Cosmeo. 

Les quatre COPIL ont réuni partenaires du programme et futurs utilisateurs autour des services développés dans les domaines de la morphologie côtière, des dynamiques océaniques, du suivi des écosystèmes et de l’aide à la décision. 

Les échanges ont confirmé l’intérêt pour les services proposés et la pertinence des orientations retenues pour répondre aux besoins des acteurs du littoral. Ils ont également permis de mieux caractériser les attentes des utilisateurs en matière de précision, d’interprétation et d’intégration dans leurs outils et pratiques. 

Le COPIL du Lot 1 a permis de présenter les avancées sur trois grands axes : la topographie de l’estran, la bathymétrie des petits fonds et le trait de côte. 

Les travaux confirment le potentiel de l’imagerie satellitaire pour produire des référentiels homogènes, régulièrement actualisés et complémentaires des acquisitions aéroportées ou des campagnes terrain. L’objectif est de proposer des données fiables, interopérables et accompagnées d’informations sur leur niveau d’incertitude, afin d’alimenter le suivi de l’évolution du littoral et la gestion des risques. 

Pour le suivi de la topographie, les équipes ont développé un modèle numérique d’élévation de l’estran basé sur l’analyse de séries temporelles Sentinel-2, combinant observations satellitaires et niveaux de marée. Les premiers résultats obtenus sur le site pilote de Fouesnant montrent une bonne cohérence avec les données de référence et ouvrent des perspectives pour suivre les dynamiques d’érosion et d’accrétion des zones intertidales. 

Le produit de bathymétrie satellitaire des petits fonds a été présenté sur plusieurs sites pilotes, couvrant près de 5000 km², notamment à Nouméa, Bora-Bora et dans le Finistère Sud. Les performances obtenues varient selon les caractéristiques des fonds marins, avec des résultats particulièrement encourageants dans les zones aux eaux claires. La production sur une vaste surface à Nouméa (3000 km²), a permis de valider une étape clé dans le passage à l’échelle. Les travaux se poursuivent désormais pour renforcer la robustesse des méthodes et converger vers un produit topo-bathymétrique continu reliant l’estran aux petits fonds. 

Le produit de suivi du trait de côte entre également dans une phase de préparation au passage à l’échelle nationale. Les chaînes de traitement ont été optimisées afin de permettre une production annuelle sur plus de 20 000 kilomètres de littoral, en France hexagonale et ultramarine. Les tests menés sur des environnements variés — côtes sableuses, rocheuses, récifs ou mangroves — ont permis d’identifier les ajustements nécessaires avant un déploiement généralisé. 

Les premiers produits ont été partagés avec plusieurs utilisateurs associés aux sites pilotes afin de recueillir leurs retours sur les usages attendus, les niveaux de précision nécessaires et les modalités d’accès aux données. Ces échanges, avec des acteurs clés comme le Shom, le BRGM et l’IGN contribuent à ajuster les services avant leur extension à de nouveaux territoires. 

Le COPIL du Lot 2 a présenté les premiers résultats des services ETAMAC dédiés au suivi du courant de surface, des vagues, de la topographie dynamique et du vent cyclonique. 

L’ambition est de proposer des produits homogènes, qualifiés et directement exploitables, combinant observations satellitaires, mesures in situ. Les services développés associent des données visualisables, des jeux de données téléchargeables, des séries temporelles et des indicateurs de qualité. 

Le service vagues a notamment présenté les premiers résultats. Les validations réalisées montrent une bonne cohérence des paramètres de houle observés, ouvrant la voie au développement de services de suivi et d’anticipation des arrivées de houle dans l’espace côtier. 

Le futur réseau de bouées dérivantes MELODI constitue un axe majeur du développement. Les échanges avec les utilisateurs dont Météo France, l’IRD, et Ifremer, permettront de préciser les zones prioritaires d’observation, les fréquences d’acquisition attendues et les partenariats possibles avec les opérateurs maritimes, les infrastructures de suivi ou les organismes scientifiques. 

Les participants ont également découvert les fonctionnalités de la plateforme Ocean Vibes : visualisation interactive, extraction de séries temporelles, téléchargement de données et accès aux indicateurs de qualité. Ces outils seront progressivement enrichis afin de répondre aux besoins des différents utilisateurs. 

Pour le service Courant de surface et la topographie dynamique, les travaux avancent vers des produits opérationnels intégrant des niveaux de confiance et des informations de qualité destinées à accompagner les usages métiers. Les prochaines étapes porteront sur la consolidation des validations et la préparation des premiers déploiements. 

Le COPIL du Lot 3 a porté sur trois familles de services : le suivi de la qualité de l’eau, la cartographie des habitats et le suivi de l’état écologique des écosystèmes. 

Les travaux sur la qualité de l’eau visent à fournir des indicateurs réguliers sur plusieurs paramètres essentiels au suivi des milieux côtiers : la matière en suspension (MES) associée à la turbidité d’une part et la chlorophylle (CHL) associée à la biomasse phytoplanctonique d’autre part. 

Un cas d’étude consacré à une efflorescence phytoplanctonique et des panaches turbides en baie de Vilaine (Bretagne, France) a permis de comparer différentes sources satellitaires, allant des missions publiques Sentinel-2 et Sentinel-3 aux données haute résolution de la constellation commerciale Planet SuperDove. Les résultats montrent l’intérêt de combiner fréquence d’observation et résolution spatiale pour caractériser des phénomènes côtiers complexes, en particulier dans des environnements soumis à une forte turbidité. Deux approches complémentaires sont envisagées : un produit de suivi régulier à grande échelle et des produits plus fins mobilisables sur des événements spécifiques. 

Le service de cartographie des habitats a été déployé sur plusieurs sites pilotes en Bretagne (Baie de Morlaix, golfe du Morbihan, Lorient, Quiberon) et en Martinique (Baie du Marin). Les méthodes développées combinent apprentissage automatique, images Sentinel-2 et Pléiades, ainsi que des données de référence fournies par les acteurs locaux et nationaux. Les premiers résultats permettent de caractériser différents habitats marins et littoraux, avec pour objectif la finesse du référentiel EUNIS (2022, niveau 3) dès que cela est possible, tout en fournissant des indices de confiance et fragmentation associés. La précision globale moyenne de ces résutlats est de 87 %, indiquant une bonne confiance dans ce travail.   

Ces cartes font désormais l’objet de retours d’expérience auprès des utilisateurs afin d’améliorer les typologies, d’affiner les limites des méthodes et de préciser les conditions d’utilisation opérationnelle.  

Enfin, le développement de l’indicateur ivi-S2 (issu d’images Sentinel-2) vise à suivre dans le temps l’évolution des écosystèmes intertidaux, en apportant une information globale et continue sur les dynamiques végétales et biologiques de l’estran. L’innovation réside dans la mise en place d’un indicateur de végétation des petits fonds, rendant exploitables les images où l’estran est partiellement immergé. Les échanges ont confirmé l’intérêt de croiser ces indicateurs avec les cartographies d’habitats afin d’améliorer la compréhension de l’état écologique des milieux côtiers. 

Le Lot 4 poursuit un objectif complémentaire : transformer les données produites par les trois autres lots en services directement mobilisables par les gestionnaires. 

Les serivces se concentrent sur trois grandes thématiques : la gestion des usages dans les aires marines protégées, le suivi des risques littoraux et l’aide à la planification maritime. 

Sur les aires marines protégées, les premiers démonstrateurs concernent le suivi de la fréquentation nautique et des activités conchylicoles. Sur le site pilote de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Provence-Alpes-Côte-d’Azur), le service de suivi des usages nautiques exploite des images Pléiades et des données complémentaires afin de produire des indicateurs sur la fréquentation, les mouillages et la pression physique et le risque d’impact potentiel sur les habitats sensibles. 

Le prototype a été présenté aux gestionnaires de l’aire marine protégée afin de recueillir leurs retours sur les indicateurs pertinents et les modalités d’utilisation. L’objectif est de produire un support d’aide à la gestion et à la régulation des usages, qui sera progressivement déployé sur d’autres AMP méditerranéenes. 

Dans le golfe du Morbihan, les travaux sur la conchyliculture visent à caractériser les interactions entre activités ostréicoles et habitats sensibles. Les premiers résultats ont été discutés avec les acteurs concernés (OFB et Parc naturel régional du Golfe du Morbihan) afin d’identifier les indicateurs les plus pertinents pour l’aide à la gestion des concessions et les améliorations nécessaires avant utilisation opérationnelle. 

Concernant les risques littoraux, les équipes ont présenté les premiers travaux sur la modélisation de scénarios de submersion marine, combinant élévation du niveau marin, mouvements du sol, événements extrêmes et données topographiques. L’objectif est de proposer des outils de visualisation et d’analyse adaptés aux besoins des collectivités et des acteurs de la gestion du littoral. 

Les travaux du volet planification maritime – au stade de la conception – portent actuellement sur la définition du périmètre du futur prototype et sur la préparation de l’intégration des données Cosmeo. Son développement reposera progressivement sur les données issues des volets « morphodynamique », « dynamiques océaniques » et « écosystèmes ». 

Une étape supplémentaire vers des services construits avec les territoires 

Ces COPIL #2 confirment la montée en maturité des services développés dans Cosmeo et la capacité du programme à passer progressivement des produits, à la démonstration puis au déploiement grande échelle. 

Ils illustrent également l’un des principes fondateurs de Cosmeo : construire les services avec leurs futurs utilisateurs. Des premiers besoins exprimés jusqu’à l’évaluation et l’adoption des prototypes, les retours recueillis sur les sites pilotes permettent d’améliorer progressivement les solutions afin qu’elles répondent au plus près des attentes des acteurs du littoral. 

Cette dynamique a été confortée par la validation, par le CNES et l’État, de la clôture de la première année du programme et par la confirmation des financements pour une deuxième année de démonstration. 

Les prochains mois seront consacrés à la consolidation des résultats, à l’intégration des recommandations formulées par les utilisateurs et à la préparation des déploiements à grande échelle. L’objectif à l’issu de la démonstration est de proposer une offre de services durable, interopérable et directement mobilisable par les acteurs publics du littoral en France hexagonale et ultramarine.